AVERTISSEMENT :
Cette interview avait été à l'origine accordée à Martin Bashir afin de montrer la vérité sur la vie de Michael Jackson et celle de ses enfants. Le King Of Pop avait alors dit la vérité à coeur ouvert et s'était confié à Martin Bashir en toute confiance. Cependant, au vue de la tournure de cette interview et de l'orientation bien précise des questions que vous pourrez découvrir au fur et à mesure, il va de soit que les questions de Martin Bashir sont surtout instantes sur un point de vue. Michael Jackson est alors profondément boulversé en voyant deux ou trois morceaux du film qui donnent une vision totalement déformée de son comportement et de sa paternité. Michael est particulièrement dévasté par le fait qu'il se soit fait traiter aussi mal par Martin Bashir, qu'il a accueilli dans la maison de la famille Jackson maintes fois pendant huit mois, en croyant que Bashir voulait faire un véritable documentaire sur sa vie. Michael pense que cela a été diffusé pour faire beaucoup d'audimat, à la gloire de Martin Bashir, sans tenir compte de ce que pourraient éprouver Michael, sa famille et ses amis. Michael estime que ce programme travestit la vérité. Il n'aurait jamais accepté de faire cette interview s'il avait su comment Bashir voulait le dépeindre. Michael Jackson est profondément en colère en sachant que cette émission ait pu faire conclure aux spectateurs qu'il pourrait abuser des enfants, quelle qu'en soit la manière. Il n'a jamais traité et ne traiterait jamais un enfant de manière inappropriée ou les mettrait en danger et réfute totallement toute suggestion prétendant le contraire. Michael ne trahirait jamais la confiance qu'un enfant ou ses parents pourraient lui accorder.
Suite à cette interview, Michael Jackson a dû faire la déclaration suivante :
"J'ai fait confiance à Martin Bashir pour le laisser
voir ma vie et celle de mes enfants parce que je voulais qu'on dise
la vérité. Martin Bashir m'a convaincu de lui faire confiance et que
son portrait de moi serait honnête et juste, et m'a dit qu'il était
"celui qui a transformé la vie de Diana" (Princesse Diana). J'ai le
coeur brisé en voyant que quelqu'un que j'ai traité comme un ami puisse
tomber si bas." "Aujourd'hui je me sens plus trahi que jamais auparavant;
le fait que quelqu'un qui a connu mes enfants, mon personnel et moi-même,
quelqu'un à qui j'ai dit la vérité à coeur ouvert, pouvait ensuite sacrifier
la confiance que j'avais en lui et produire cet horrible et injuste
programme. Cela me fend le coeur de savoir que n'importe qui puisse
réellement croire que je puisse faire du mal à mes enfants ou les mettre
en danger: ils sont ce que j'ai de plus important dans la vie. Tous
les gens qui me connaissent savent la vérité, que mes enfants passent
en premier et que je ne ferais jamais de mal à un enfant. Je voudrais
également remercier tous mes fans dans le monde pour l'incroyable nombre
de messages de soutien que j'ai reçus, en particulier venant de Grande
Bretagne, où les gens m'ont envoyé des e-mails et qui ont dit à quel
point ils étaient indignés par le film de Bashir. Leur amour et leur
soutien mon énormément touchés."
Michael Jackson
VIVRE AVEC MICHAEL JACKSON
Par Martin Bashir
MB : Martin Bashir
MJ : Michael Jackson
A Neverland…
Dans le studio…
MJ :(rires)
MB : Pourquoi tu ris ?
MJ :(rires)
MB :Qu’est-ce que j’ai fait ?
MJ :(rires)
MB :Allez, vas-y, dis-moi ce que j’ai fait !
MJ :Non, j’aime ton accent, je riais de ton accent…
MB :Tu aimes mon accent…
MJ :T’as pas dit « I’m gonna ask you » [il
prononce à l’américaine] mais «I’m gonna
ask you » [il prononce à l’anglaise]
(rires)
J’aime bien !
MB :Tu peux faire l’accent anglais ?
MJ :[il prononce ces phrases en imitant parfaitement l'accent "cockney" britannique] a bit (un peu)!
Nice to meet you! A nice beautiful interview!
(rires)
Voix-off de MB: Il y a 8 mois j’ai fait une proposition à Michael Jackson. Montrez-moi le véritable homme, mais montrez-moi tout, ne limitez rien. Il y a réfléchi et il a dit « Oui, venez à Neverland ! »
Dans le parc d’attractions…
MB :Tu viens ici tout seul ?
MJ :Ouais !
MB :Souvent ?
MJ :Tout le temps !
MB :Tu viens ici tout seul comme ça ?
MJ :Oui !
MB :Quoi… et tu vas sur un manège ?
MJ :Oui.
Tu vois le carrousel, j’aime bien mettre de la musique classique
sur le carrousel. Des chansons comme « Childhood » ou «
Smile », tu vois. Ou bien « People » de Barbara Streisand,
quelque chose de beau, tu sais.
MB :Et la grande roue ?
MJ :J’aime bien la grande roue, c’est un manège
traditionnel, très ancien. Et c’est apaisant ! Tu vois,
c’est pas dangereux ou quoi que ce soit…C’est confortable,
on peut y rêver…
MB :On peut y aller ?
MJ :Bien sûr !
MB :On y va alors !
Voix-off : Nous avons commencé notre séjour ensemble à travers les continents, son passé, et rapidement à travers la réalité dérangeante de sa vie aujourd’hui.
MB :On se serre la main avant que la bataille commence…
MJ : Ok !
MB : Michael Jackson versus Martin Bashir… Gocartland à
Neverland !
(rires) [MJ rentre dans une petite voiture]
MJ :Ca va décoiffer !!!
[MB part démarre en premier] Eh il triche !!! Il triche !
[MJ et MB font la course]
Voix-off :Voici Michael Jackson comme vous ne l’aviez jamais vu. Dans les coulisses : sa musique, son argent, ses enfants, sa vie sexuelle, son visage… tout simplement son monde.
MB :Yeah !!!
(rires)
MJ :Il y arrive bien !
MB :C’est une belle victoire pour l’Angleterre contre les
Etats-Unis !
(rires)
Dans le studio…
MB :Comment écris-tu une chanson ?
MJ :Comment j’écris une chanson ? Eh bien… si je
m’asseyais au piano…
MB : Tu n’as pas un stylo à la main… qu’est-ce
qui se passerait ?
MJ : Si je m’assois là et que je joues quelques notes
en disant « Je vais écrire la plus grande chanson jamais
écrite », rien ne se passe…Quelque chose dans les
cieux doit dire « D’accord, le moment est venu pour que tu
aies cette chanson, et c’est comme ça que je veux que tu
l’aies ». Je me rappelle de quand j’ai écrit
Billie Jean, je roulais dans ma voiture dans … Boulevard, tout
ce que je m’étais dit c’était que je voulais
écrire une chanson avec une ligne de basse géniale et
j’ai laissé ça ce faire tout seul en fait. Et quelques
jours plus tard [il chante la ligne de basse de BJ].
MB : Mais d’où ça t’est venu ?
MJ : D’en haut…
MB: OK alors tu chantais la ligne de basse - rechante-la - et là
que s’est-il passé ? Comment t’es venu le reste de
l’instrumentation et de la composition ? Comment ça a marché
?
MJ : Le truc c’est que les artistes semblent se poser dans le
passage de la musique - mettez-vous hors du passage de la musique, vous
voyez… n’écrivez pas la musique ! Laissez la musique
s’écrire toute seule !
MB : La danse aussi ?
MJ : Oui c’est pareil.
MB : Mais comment tu fais ? Tu peux me montrer comment tu fais ?
MJ : Oh purée je suis timide !
MB : Allez lève-toi et montre-moi !
MJ : Oh noon…
MB : Allez montre-moi !
MJ : Euh…
MB : Montre-moi ! Apprend-moi !
MJ : OK… tu me mets sur la corde raide là !
MB : Quand même…
MJ : Les gens vont découvrir autre chose à mon sujet
: je suis vraiment timide ! Je suis gêné !
MB : D’accord, tu es timide. Lève-toi et montre-moi !
(rires)
MJ : D’accord. [il se met à danser sur Billie Jean]
MB : A quoi tu penses quand tu danses ?
MJ : Je ne pense pas ! Penser, c’est la plus grosse erreur qu’un
danseur pourrait commettre ! Il faut ressentir… On devient la basse,
on devient la fanfare, on devient la clarinette, la flûte, les
cordes, la trompette, la batterie…
MB : Alors tu deviens pratiquement l’incarnation physique de
la musique…
MJ : Oui. Absolument.
MJ :Tu veux venir essayer avec moi ?
MB :Montre-moi !
[MJ lui fait signe de venir le rejoindre]
Tu veux que je le fasses ?
MJ :Oui !
MB :Comment je vais faire ça ?!! D’accord, que veux-tu
que je fasses ?
MJ :Mets-toi là… Bon en gros, tu mets un pied par terre,
et tu utilises l’autre pied pour pousser. Il faut pousser en fait.
Pousser. Et tu dois utiliser ton talon pour glisser en arrière.
Glisse sur ton talon…
MB :C’est très, très difficile ! Ce n’est
pas facile.
MJ :Vraiment ?
MB : Non ce n’est pas facile…
MJ :Tu sais quoi, c’est très dur à expliquer aussi…
[MJ lui montre comment faire] Essaie encore une fois…Utilise
ce talon, ne glisse pas sur ton orteil, glisse sur ton talon.
MB : OK, alors je glisse vers l’arrière…
MJ :Tu veux utiliser ton orteil mais n’y va pas sur l’orteil.
MB :Alors je lève celui-ci…
MJ : Vas-y sur le talon, jamais sur l’orteil ! Toujours sur
le talon.
Tu vois, [MJ fait le Moonwalk] talon…talon…talon…
MB : C’est pas tellement naturel parce qu’en principe on
lève les pieds pour marcher en avant !
MJ : Je sais, ça fait partie de l’illusion.
MB : D’accord, OK. Donc, je glisse en arrière (rires)
[MB essaie mais n’y arrive pas du tout]
MJ :C’est très bien ! C’est l’idée !
MB :Tu es un homme très gentil !
MJ :C’est l’idée…
Dans le parc…
Voix-off : La maison de Michael Jackson est un ranch de 1215 hectares, à 3 heures au nord de Los Angeles. Comme toute sa vie, il faut le voir pour le croire. Inspiré par le conte pour enfants « Peter Pan », sur le petit garçon qui n’a jamais grandi, c’est une part d’irréel construit par un homme valant des millions de dollars. En plus du gigantesque parc d’attractions, il y a un zoo avec des girafes, des éléphants, des tigres et quelques orangs-outans. Le chimpanzé Bubbles, a été envoyé dans un sanctuaire pour animaux. C’est littéralement le paradis pour un enfants de 10 ans. Mais Michael Jackson a aujourd’hui 44 ans.
MB : L’inspiration pour Neverland, Peter Pan… Pourquoi
est-ce que Peter Pan est une telle figure d’intérêt
d’inspiration pour vous ?
MJ :Parce que Peter Pan, pour moi, représente quelque chose
de très spécial dans mon cœur. Vous voyez, ça
représente la jeunesse, l’enfance, ne jamais grandir, la
magie, voler… tout ce que sont les enfants, le merveilleux et la
magie. Et je n’ai jamais grandi au point de ne plus aimer ça
ou de ne plus penser que c’est très spécial !
MB :Tu t’identifies à lui ?
MJ :Totalement.
MB :Tu ne veux pas grandir…
MJ :Non, je suis Peter Pan.
MB :Non, tu es Michael Jackson.
MJ :Je suis Peter Pan dans mon cœur.
Voix-off : Le climat est un problème pour Jackson. Il dit que son problème de peau, le Vitiligo l’a rendu allergique au soleil. Alors protégé par son parapluie, il m’a emmené dans son endroit le plus secret…
MJ :J’appelle ça mon « Arbre qui offre »
parce qu’il m’inspire. J’adore grimper aux arbres en
général, mais je préfère cet arbre, parce
que je grimpe tout en haut et je regarde ses branches et cela me donne…
Et j’adore ça ! Tant d’idées… J’ai
écrit tant de chansons dans cet arbre. J’ai écrit
Heal the world, Will you be there, Black or white, Childhood…
MB :Tu es en train de dire que tu grimpa à cet arbre ?
MJ :Oui.
MB :Tu grimpes jusqu’où ?
MJ :Jusque là, tu vois ? Là où il y a comme
une planche.
MB :Tu veux le grimper maintenant ?
MJ :Oui !
MB :Donne-moi ton parapluie
MJ :Oui !
MB :Vas grimper. Et on verra à quel point ça t’inspire
!
[MJ grimpe à l’arbre]
MJ :Tu viens pas ?
MB :Pas question !
MJ :C’est un grand secret je ne montre jamais mon « Arbre
qui donne » à personne…
MB :D’accord, je vais essayer. J’ai un peu peur que mes
chaussures glissent…
MJ :Allez viens !!!
MB :C’est sûr ?
MJ :Bien sûr !
MB :J’ai peur !
MJ : C’est mon inspiration. Tu grimpes pas aux arbres ?
MB :Non !
MJ :Tu sais pas ce que tu manques…
MB :Je te laisse ce plaisir !
[De retour au sol]
MJ :J’adore grimper aux arbres, je crois que c’est ce que
je préfère. Faire des batailles de bombes à eau
et grimper aux arbres. Je crois que ces deux choses-là sont mes
préférées.
MB :Tu ne préfères pas faire l’amour ?
MJ : huh?
MB :Ou aller à un concert ?
Tu penses vraiment ce que tu dis, que tu préfères grimer
aux arbres et faire des batailles de bombes à eau ?
MJ :Oui, des batailles de bombes à eau.
MB :Et tu préfères ça à tout le reste
?
MJ :Bah, dans mon temps libre oui. Tu vois, je ne peux pas comparer
ça à faire un spectacle. Beaucoup de gens aiment jouer
au foot ou au basket, moi j’aime grimper aux arbres.
Dans la maison…
Voix-off : Alors comment ce génie du chant et de la danse était-il
arrivé dans l’endroit irréel qu’est sa vie aujourd’hui
? J’ai essayé de chercher des réponses… au tout
début.
Il m’a fait écouter son premier single, Big Boy, qui est
sorti quand il avait tout juste 8 ans. A cette époque, Michael
Jackson faisait déjà des spectacles depuis trois ans.
MB :Tu te rappelles de quand tu as découvert que tu avais
un talent musical pour la première fois ?
MJ : Ma mère m’a surpris une fois en train de faire mon
lit, et je chantais. Alors elle a dit à mon père que je
savais chanter, mais il ne voulait pas en entendre parler. Mais il a
dit que « Jermaine est le chanteur principal, pas Michael ».
Ma mère a dit « Joe, tu devrais vraiment l’entendre
chanter, il sait vraiment chanter », et il a dit « Non,
Jermaine est le chanteur principal du groupe et puis c’est tout
». Elle l’a forcé à m’écouter,
et une fois qu’il m’avait écouté, à partir
de là, j’étais le leader du groupe.
MJ :Pendant toute mon enfance, je me rappelle les gens qui me disaient
toujours « C’est un minus de 42 ans ». Au début
je ne comprenais pas. Mais ils faisaient allusion à ma façon
de bouger sur scène, ma façon de chanter…
MB : Est-ce que quelqu’un t’as appris à faire ça
?
MJ : Non. Ca ne s’apprend pas. On ne peut pas l’apprendre.
Ca doit venir de l’intérieur. C’est un don, tu vois…
Je me souviens précisément de quand nous allions aux studios
Motown pour enregistrer, et de l’autre côté de la
rue de studio il y avait un parc. Et j’entendais le chahut que
faisait l’équipe gagnante, et ils jouaient au foot, au football
américain et au volley, et ils jouaient au base-ball… Je
me souviens que souvent je me cachais le visage en pleurant. Je voulais
jouer de temps en temps, mais je pouvais pas. Je devais aller…
MB : Pourquoi tu ne pouvais pas ?
MJ : Je devais aller au studio.
MB : Quand tu répétais, tu étais sévèrement
discipliné par ton père. C’était comment ?
MJ : En fait je ne prenais pas trop, parce qu’il m’utilisait
comme un exemple. C’était genre « Faites-le comme
Michael. » Tu vois, et il nous entraînait une ceinture à
la main. Et si tu loupes un pas, attend-toi à être…
[il imite le bruit et le mouvement d’un fouet]
MB : Je reprends, tu viens de dire que tu répétais,
et ton père tenait une ceinture dans la main. C’est ce que
tu viens de dire ?
MJ : Oui, oui. Il te fracassait si tu ratais… Alors on n’était
pas seulement en train de répéter, mais on était
nerveux aussi. Parce qu’il était assis sur une chaise, avec
cette ceinture dans la main. Et si on ne faisait pas ce qu’il fallait,
il nous fracassait. Vraiment. Et j’y a eu droit de nombreuses fois.
Mais je crois que mon frère Marlon en a eu plus parce qu’il
avait du mal au début. Mais il essayait tellement. Et c’était
toujours « Fais comme Michael, fais comme Michael ! » Mais
vous voyez, les autres étaient nerveux et j’étais
nerveux aussi. Parce qu’il était dur.
MB : Il te battait souvent ?
MJ : Trop…
MB : Est-ce qu’il utilisait uniquement une ceinture ?
MJ : Pourquoi tu me fais ça… Non pas qu’une ceinture…
MB : Avec quoi d’autre est-ce qu’il te frappait ?
MJ : Des cordons de fer…Tout ce qu’il avait sous la main…
Il me jetait contre le mur aussi fort qu’il pouvait… Tu vois,
il y a une chose sur…
MB : Mais tu n’étais qu’un enfant !
MJ : Je sais…
MB : Tu étais un bébé.
MJ : Je sais…Il y a une chose sur la discipline…
MB : Et tu produisais des disques qui avaient du succès…
MJ : Je sais… Il perdait son sang froid. Je me souviens de ma
mère qui criait « Joe! Tu vas le tuer, tu vas le tuer !
Arrête tu vas le tuer !» Et j’étais si rapide,
il n’arrivait pas à m’attraper la moitié du
temps mais… quand il m’attrapait oh mon Dieu ! C’était
mauvais ! C’était vraiment mauvais.
J’ai regardé l’écran et je n’ai pas pu m’empêcher de me demander quel effet cette violence avait eu sur le jeune Michael.
MJ : Il nous terrifiait ! On était terrifiés, je te
dis pas ! Je ne crois pas qu’il se rende compte encore aujourd’hui
à quel point on avait peur…peur… je veux dire vraiment
peur. Tellement peur que je régurgitais !
MB : Tu vomissais.
MJ : Oui.
MB : Quand est-ce que tu vomissais ? Qu’est-ce qui te faisait
cet effet ?
MJ : Sa présence, rien que de le voir. Et parfois je m’évanouissais,
et mes gardes du corps devaient me retenir…
MB : Lorsqu’il te battait, est-ce que tu le haïssais ?
MJ : Oui… d’une haine immense… Voilà pourquoi
aujourd’hui je ne lève pas un doigt sur mes enfants. Je
ne veux jamais qu’ils ressentent la même chose à mon
égard. Jamais. Et il ne nous laissait pas l’appeler Papa
! Et je voulais tellement l’appeler Papa. Il disait « Je
suis pas Papa, c’est Joseph pour toi. » Tu vois ? Et je lui
pardonne tout, complètement. Il le faut. Mais… je ne laisse
pas mes enfants m’appeler Michael ! Je dis « Moi c’est
Papa ». C’est tout le contraire. Alors quand les gens disent
que ceux qui ont été maltraités maltraitent leurs
enfants, c’est faux, ça n’est pas vrai du tout.
A Las Vegas
30 ans plus tard, les souvenirs semblent aussi vifs que jamais. Mais
il ne restait que très peu de temps pour y penser. C’était
vers la fin de l’été, et Michael Jackson allait quitter
Neverland. Il m’a appelé sur mon portable pour me dire qu’il
allait passer quelques semaines à Las Vegas, et que je pouvais
le rejoindre. A Las Vegas, il allait révéler ses bizarres
expériences amoureuses et sexuelles, son obsession pour son visage,
et, le plus extraordinaire, j’allais rencontrer ses enfants.
Pendant l’été, Michael Jackson s’est installé
dans la capitale mondiale du jeu : Las Vegas. Je suis allé le
voir à l’hôtel « Four Seasons » où
il avait réservé pas moins de sept suites. Je voulais
savoir pourquoi il lassait Neverland pour passer des mois tout seul
dans une chambre d’hôtel. Surtout qu’on pouvait rapidement
voir que Jackson s’ennuyait profondément et se sentait terriblement
isolé. En fait, il était ravi d’avoir de la compagnie,
autre que celle de la collection bizarre de mannequins et de gadgets
que j’ai trouvée dans sa chambre.
Dans l’hôtel…
MB : C’est ta suite. Qu’est-ce que tu aimes à Las
Vegas ?
MJ : J’aime ses divertissements.
MB : Les divertissements ?
MJ : Oui, c’est un endroit amusant à visiter.
MB : [désignant une chaise à roulettes qui ressemble
à un vélo] C’est quoi ça ?
MJ : Oh… Je, quand je m’ennuie je roule dans les couloirs
de l’hôtel là-dessus. Parfois je navigue à
travers les couloirs la nuit.
MB : Tu plaisantes là ?
MJ : Non, je suis sérieux. (rires)
MJ : [montrant un jeu vidéo avec un skateboard] Ca c’est
un jeu que j’aime bien.
MB : Il y a un skateboard non ?
MJ : Ouais… [il monte dessus et commence à jouer]
tu marques des points ! Voilà une voiture, woops ! Wow ! Quand
je suis dans ma chambre qu’il est tard et que je m’ennuie,
entre l’écriture de chansons, je joue avec ce truc. Wooow
! [il imite le crissement de pneus] Wow ! J’allais l’avoir
!
MB : Je voudrais pas te voir conduire une voiture !
(rires)
MB : C’est l’Incroyable Hulk ?
MJ : Non, le Géant Vert !
MB : Le gentil Géant Vert !
MJ : C’est une vieille pub américaine pour que les enfants
mangent des petits poids ! [il chante] Oh oh oh, Géant Vert !
J’ai appris que Las Vegas était aussi rempli de souvenirs gênants pour Jackson.
MJ : Je devais partager ma chambre avec l’un de mes frères
pendant les tournées. Et il y avait de l’action dans ma
chambre toutes les nuits. Je l’entendais. Et mon boulot c’était
de faire semblant de dormir, et l’un de mes frères me disait
« Quoi qu’il arrive te lève pas, ouvre pas les yeux
! », et je dis « Je promets, je le ferai pas ! ».
Alors j’entendais ces filles qui entraient et je les entendais
dire « C’est le petit Michael ? », et mon frère
disait « Ouais », et elles disaient « Oh il est si
mignon ! » comme ça. Et j’entendais tout ! Et puis
après j’entendais…
MB : Qu’est-ce que tu entendais ?
MJ : Avec les filles ?
MB : Tu les entendais avoir des relations sexuelles ?
MJ : Oui…
MB : Dans la même chambre que toi ?
MJ : Euh, voyons… parfois oui, parfois non. Oui…
MB : Alors il t’arrivait d’être allongé en
faisant semblant de dormir…
MJ : Oui.
MB : Et tes frères avaient des relations sexuelles avec quelqu’un
dans la même pièce.
MJ : Oui.
MB : Est-ce que tu as eu beaucoup de copines quand tu étais
adolescent ?
MJ : Euh… pas beaucoup. La première copine que j’ai
vraiment beaucoup aimé était Tatum O’Neal.
MB : Et c’était une relation amoureuse d’ado typique
?
MJ : Oui ! Mais je ne pense pas que j’étais prêt
pour certaines des choses dont elle parlait ! J’étais plutôt
naïf, je plaisante pas ! J’espère qu’elle me pardonnera
de raconter cette histoire… Tatum je t’en prie, pardonne-moi
! Je me souviens qu’elle m’a dit d’aller chez elle, à
Beverly Hills aussi, et ce qu’elle allait me faire quand je serai
là. Tu sais…
MB : Qu’est-ce qu’elle t’a dit ?
MJ : Tous les trucs sexuels… Alors là j’ai très
peur.
MB : Donc elle te dit « Michael vient chez moi, je vais te
faire l’amour. »
MJ : Oui.
MB : Et donc là tu as très peur ?
MJ : J’ai vraiment peur. J’vais peur, parce que je n’avais
jamais fait quelque chose comme ça ! Donc j’y suis allé,
en essayant de faire le grand courageux. Je me souviens qu’elle
avait éteint toutes les lumières dans sa chambre, ouvert
les rideaux, on pouvait voir toutes les lumières de la ville
par dessus la falaise, c’était magnifique. Et elle m’a
dit d’aller m’allonger sur le lit et c’est ce que j’ai
fait… Je me suis allongé sur le lit, et elle s’est
doucement approchée de moi… Et elle a mis la main sur le
bouton de ma chemise pour l’ouvrir, alors j’ai mis mes mains
comme ça [il met les mains sur le visage] et je ne voulais pas
les enlever. Et elle s’est éloignée, elle savait
que j’étais trop timide pour ça. Voilà ce
qui s’est passé.
MB : Tu n’étais pas du tout tenté ? Tu avais juste
peur ?
MJ : J’avais peur, j’avais peur. Je ne pense pas que j’étais
prêt pour ça.
Dans la voiture…
MB : Maintenant on va faire des courses dans cet endroit spectaculaire.
Tu aimes le shopping ?
MJ : J’adore ça !
MB : Qu’est-ce que tu aimes dans le shopping ?
MJ : C’est pas tellement le fait d’acheter, et je n’achète
pas tout et n’importe quoi. Mais j’adore voir comment les
gens fabriquent les choses. J’adore la dextérité
manuelle, ce que les gens peuvent faire avec leurs mains et leur imagination.
MB : Tu as toujours fait attention à mon argent ?
MJ : A mon argent ?
MB : Oui.
MJ : Oui. Je me souviens quand je recevais des chèques de
200 000$ par courrier quand j’avais 12-13 ans. Je les
recevais tous les mois ! Mon père me disait « Mais qu’est-ce
que tu veux faire avec ? » (rires) et je disais « Bien sûr
on devrait le mettre de côté »
MB : Tu avais 12 ans ?
MJ : Ouais. Et il me donnait un certain montant pour que je m’achète
les trucs que je voulais m’acheter. Et ce que j’achetais c’était
du chewing-gum, des bonbons et des choses comme ça…
MB : Tu pèses combien à ton avis ?
MJ : Euh… pas mal… mais je veux pas trop en parler…
MB : Allez dis-le ! Allez combien ?
MJ : Mais Martin… plutôt pas mal…
MB : Un milliard de dollars ?
MJ : Oui, c’est dans ces eaux-là.
MB : C’est plus d’un milliard de dollars ?
MJ : Oui.
MB : Ok on y va.
Nous nous sommes dirigés vers le centre commercial préféré de Jackson. Il m’a dit qu’il voulait dépenser une importante somme d’argent, et il ne plaisantait pas.
MJ : [désignant un magasin] C’est le « Venitian » et c’est l’un de mes préférés parce que j’adore l’art.
Et lorsque Michael Jackson sort, il y a partout un fan qui attend de lui dire bonjour.
Un fan : J’adore ta chanson « Ben »
MJ : Merci !
Le fan : … Je la joue tout le temps à la guitare
MJ : C’est vrai ?
Le fan : Oui, je m’appelle Steve, je viens de Houston.
MJ : C’était quand ? J’adore « Ben »
!
Le fan : Tout juste quand c’est sorti, c’était ma chanson
préférée !
MJ : Que Dieu vous bénisse ! J’avais 12 ans la première
fois que je l’ai chantée.
Une fan : Oh mon Dieu !
MJ : D’ou venez-vous ?
Le fan : De Houston au Texas.
MJ : Oh cool !
Le fan: Ma sœur est votre plus grande fan! Si elle était
là elle pleurerait comme un bébé !
MJ : Oooh !
La fan : Elle a plus de 50 ans !
MJ : Ah d’accord ! Au revoir!
MB: Tu dois avoir ça tout le temps non?
MJ : Oui…
MB : Les gens qui viennent te voir ? C’est gentil d’entendre
des gens dire qu’ils ont aimé ta musique, qu’ils ont
appris à la jouer à la guitare ?
MJ : Oui, c’est adorable. Ces plafonds sont incroyables !
MB : Oui, c’est extraordinaire, n’est-ce pas ?
MJ : Oui, c’est incroyable.
MB : Tu trouves pas que c’est un peu visqueux ?
MJ : Visqueux ? Tu es bête ou quoi ? (rires)
MB : Tu aimes acheter des bijoux ?
MJ : Non. Pour ma mère ou Elizabeth Taylor, oui. Parce que
Elizabeth adore les bijoux, ma mère adore les bijoux… Et…
S’il y a une fille que j’aime bien en ce moment je lui achèterais
des bijoux…
MB : Ah oui ? Qui est-ce ?
MJ : S’il y’en a une que j’aime en ce moment…
MB : Il y’en a une ?
MJ : En ce moment, non. Pas maintenant. J’en ai pas encore trouvé
!
MB : Eh bien… qui sait ? Tu as encore le temps, tu es encore
un jeune garçon !
Dans le magasin…
MB : Ca va être cher ça aussi…
MJ : Tu vois c’est ce magasin !
MB : Ah c’est ce magasin.
MJ : J’ai acheté tellement de choses ici… Tu veux
voir ce que j’ai acheté ?
MB : Montre-moi !
MJ : Je vais te montrer.
Voici la boutique préférée de Michael à Las Vegas, avec le gérant le plus chanceux du monde…
MJ : J’ai acheté ça…
MB : Tu as acheté ça, un globe
MJ : Oui, viens on va en haut.
Les fans : Salut Michael !
MJ : Salut !
MJ : [désignant des vases, d’énormes bibelots en
tout genre] Ca… j’ai acheté ceux-là…
ça, ça, j’ai acheté cette table…ce jeu
d’échecs…n’est-ce pas magnifique ?
MB : Ton jeu d’échecs dans ta bibliothèque est
grande…
MJ : Non celui-ci est plus grand !
MB : Celui-ci est plus grand ?
MJ : Plus grand.
MB : Wow ! Et c’est vendu regarde ! C’est à toi
?
MJ : Ouais ! Le signe « vendu » veut dire que c’est
pour moi. [désignant autre chose] Est-ce qu’on a
déjà acheté ceux-là ?
MB : [toujours sur le jeu d’échecs] Ca ne coûte
que 89 000$…
MJ : [au vendeur] Vous pouvez mettre ça sur la liste ?
Le vendeur : Bien sûr.
MJ : Allez chercher votre stylo pour le marquer et ne pas oublier
! [désignant encore autre chose] Est-ce qu’on a pris
ceux-là ?
Le vendeur : Je ne sais pas.
MJ : J’aime bien ! Pourquoi on ne les commande pas ? Oui, j’aime
bien.
MB : Tu as assez de place pour tout ça ?
MJ : Oui.
MB : Pour ta maison à Neverland ?
MJ : Je veux ça… Non, ça serait pour une autre
maison.
MB : Une autre maison ?
MJ : Oui. [désignant des bibelots] On a acheté
ça non ?
Le vendeur : Oui.
MJ : Et ça ?
MB : Tu aimes tes…
MJ : Oui. Et ça… on a pris ça… et ça…
cette table… ça, ça, ça, regarde comme c’est
beau… ça, c’est ça ?
Le vendeur : Oui.
MB : Mon Dieu… Voyons ceux-là [deux grands vases].
MJ : Ils sont magnifiques !
MB : Oh c’est seulement 275 000$ chaque… Donc ça
fait un demi million de dollars juste pour ces deux-là…
MJ : Mais il va nous faire un bon prix !
MB : Un bon prix… Il a plutôt intérêt à
te faire un bon prix !
MJ : Oui, il adore les bonnes affaires !
Le vendeur : Oui (rires).
MJ : Les célébrités aiment marchander aussi
! Je vais te montrer.
MB : [au vendeur] Combien est-ce que Mr Jackson a dépensé
? Juste pour savoir… par simple curiosité…
Le vendeur : On n’a pas tout compté ensemble encore.
MJ : Il n’a pas encore fait de prix !
MB : Combien ? Avec les prix de base… quelques millions ?
Le vendeur : Je ne pourrais pas vous dire…
MJ : [montrant un autre objet] Ca c’est moi…
MB : C’est comme si tu t’entourais de choses comme dans
la maison d’un empereur, n’est-ce pas ?
MJ : Eh bien… [au vendeur] youhou !
MB : C’est comme Louis XIV !
MJ : Ce sont mes goûts.
MB : Oui.
MJ : [au vendeur] Youhou !
MB : [au vendeur] Vous pourriez sans doute prendre votre retraite
après avoir eu un seul client !
Le vendeur : Oui.
MB : On va descendre et sortir ?
MJ : Oui, on va descendre.
MB : Génial. Et les peintures Michael ?
MJ : Les peintures ?
MB: Tu adores l’ameublement mais…
MJ : [désignant des vases géants] On a ça, non
? [au vendeur] Youhou ! Youhou ! On a ça, n’est-ce
pas ?
MB : Wow. Et les peintures Michael. Tu adores ton ameublement mais
les peintures ?
MJ : Les peintures ?
MB : Oui, les peintures.
MJ : [désignant un tableau] J’aime celui-là parce
qu’ils baignent Apollon. Ca m’a l’air d’être
Apollon… et les filles le baignent…
MB : Oui.
MJ : [au vendeur] Excusez-moi, je veux celui-là. Et celui-là.
Le vendeur : OK.
MJ : Parce qu’on a… j’ai acheté cette statue…
toute en marbre, plus grand que la grandeur réelle ! [désignant
le tableau] C’est le bain d’Apollon, n’est-ce pas
?
Le vendeur : Oui, c’est ça ! Michael connaît l’art
!
MB : Manifestement. Je suppose que 80% du magasin a été
acheté par toi !
MJ : Tu peux voir ça comme ça…
MB : Allons au prochain magasin. Ou on va ?
Tandis que l’information se répandait, les foules se rassemblaient pour voir Michael Jackson. Ca été la même chose depuis qu’il est petit. Et ce qui s’est passé à l’époque a engendré une obsession - à vie - pour son visage.
Dans l’hôtel…
MJ : Je ne me regardais jamais dans la glace, jamais. J’éteignais
toutes les lumières, parce que j’avais tellement de boutons
d’acné et c’était difficile de faire face au
public. Une fois je me rappelle qu’on était dans un aéroport,
je crois que c’était quelque part comme la Virginie…
Et une dame a reconnu mes frères et nous tous, et elle a dit
« Oh mon Dieu c’est les Jackson 5 ! Où est le petit
Michael, où est le petit Michael ?». Elle regardait autour
d’elle et elle vers le bas en disant « Où est le petit
Michael ? ». Et quelqu’un d’autre a dit « Il est
là ! », et elle a dit « Beeeurk ! Qu’est-ce
qu’il s’est passé ? »… comme ça !
Et mon Dieu, j’aurais pu mourir à l’instant même
! C’est exactement ce que cette dame m’a dit.
MB : Est-ce que ton père et tes frères te taquinaient
à propos de ton apparence quand tu étais adolescent ?
MJ : Mon père m’embêtait, et des cousins aussi.
MB : Que disait ton père ?
MJ : Oh Seigneur… oui… c’était plutôt
gênant. Il m’embêtait beaucoup à propos de ça.
MB : C’est cruel non ?
MJ : Oui, il me faisait du mal. Je ne pense pas qu’il se rendait
compte d’à quel point il me faisait souffrir.
MB : Quel genre de choses disait-il ?
MJ : Il me taquinait sur mon apparence en disant « T’as
pas hérité ça de mon côté de la famille
! Ca doit venir de Kate - tu sais, Kate, il disait toujours Kate en
référence à ma mère - ça vient pas
de moi ! ». Et je disais, j’avais envie de dire « Merci,
merci de me faire me sentir mieux ! » Il ne riait même pas
! Et je crois que… Les gens ne s’arrêtent pas pour penser
à ce qu’ils disent de temps en temps, ni à l’effet
que ça peut avoir sur une personne. Et un cousin me faisait toujours
[il imite quelqu’un qui se perce un bouton] quand il me voyait
comme s’il voulait percer mes boutons. J’allais dans ma chambre
et je pleurais.
MB : C’est vrai que ton père te disait que tu avais un
gros nez ?
MJ : Oui.
MB : Que disait-il vraiment ?
MJ : « Mon Dieu que ton nez est gros ! Ca vient pas de moi
! »
MB : Qu’est-ce que ça fait à quelqu’un qui
traverse l’adolescence ?
MJ : On a envie de mourir, on veut mourir. Et en plus il faut aller
sur scène sous les projecteurs devant des centaines de milliers
de personnes et… Seigneur… c’est dur ! J’aurais
été plus heureux en portant un masque.
Dans le magasin…
MJ : Voyons de quoi tu as l’air avec ça… [MJ
superpose un masque sur le visage de MB] Wow !
MB : Il y a de l’amélioration ?
MJ : Pff (rires)
MB : Merci.
MJ : C’est marrant !
MB : C’est un peu mieux ça je crois. Oui…
Alors est-ce que ces expériences adolescentes sous les feux de la rampe ont conduit Michael à se refaire le visage afin de créer son propre masque ?
MJ : Elles sont belles celles-ci !
Il fallait que je lui demande.
A l’hôtel…
MB : Qu’est-ce que tu dis aux gens qui disent « Quand
Michael Jackson était un garçon, c’était un
enfant noir, mais maintenant alors qu’il est adulte, il ressemble
à un homme blanc. » ?
MJ : Eh bien il faut demander ça à Dieu, ça
n’a rien avoir avec moi, d’accord ? Et c’est ignorant.
MB : Qu’est-ce que tu veux dire, ça n’a rien avoir
avec toi ?
MJ : Je ne contrôle pas la puberté, je ne contrôle
pas le fait que j’aie le Vitiligo, je ne contrôle pas, tu
sais… Mais combien de gens blancs qui, quand ils sont enfants sont
blancs, et maintenant ils… Ils restent assis au soleil toute la
journée pour avoir l’air noir. Et le commerce des crèmes
auto-bronzantes vaut des billions de dollars ! Personne n’en dit
rien. C’est vrai. Ils essaient d’être autre chose que
ce qu’ils sont ! Mais ça ça ne fait rien je suppose,
c’est ça ?
MB : Est-ce que toi tu essaies d’être autre chose que
ce que tu n’es ?
MJ : Non.
MB : Alors quand les gens disent que tu as eu des implants dans les
joues…
MJ : Oh Seigneur !
MB : Que tu t’es fait mettre une fossette au menton…
MJ : Oh je t’en prie…
MB : Que tu t’es fait élargir les lèvres…
MJ : Oh s’il te plaît, c’est stupide, c’est
idiot!
MB: Que tu as eu les paupières remodelées…
MJ : Mais c’est stupide !
MB : Rien n’est vrai ?
MJ : Non, rien de tout ça n’est vrai. Rien n’est
vrai. Ce sont des C[onneries] ! Ils inventent tout ça ! Ils mentent
! Ils font comme si tout ce que je faisais était artificiel !
Je me rappelle d’un journal qui disait que, quand je me laissais
pousser un peu la barbe, « Il s’est fait implanter chaque
petit poil au laser. » Tu trouves pas ça ignorant ? Je
ne peux même pas me laisser pousser la barbe maintenant ? C’est
imbécile ignorant qui a écrit une chose pareille! Alors
ne croyez pas à cette stupidité ! Ne perdez pas votre
argent là-dedans ! Parce que lorsque vous achetez ça vous
n’achetez pas quelque chose qui est basé sur la vérité.
Ca n’est pas la vérité. Ce sont des détritus
!
Je n’étais pas convaincu par les explications de Jackson, et j’avais l’impression qu’il n’était pas entièrement honnête. Je savais que je devais revenir sur son visage avant qu’on n’ait fini. Mais soudain Jackson m’a donné une occasion de tourner que je ne pouvais pas refuser. Le jour suivant, j’allais aller en ville avec les enfants Jackson.
MB : Par où on va pour sortir ? A gauche, Ok, merci.
J’étais sur le point de rencontrer les enfants de Jackson. Prince Michael I et Paris. On les voit rarement en public.
MB : [à Prince] Tu es prêt ? C’est un très
beau masque !
Prince : C’est un papillon.
MB : C’est un papillon ! Fais voir, viens ici ! De quoi est-ce
que c’est fait ?
Prince : Je sais pas !
MJ : (rires)
Prince : A l’intérieur c’est du carton et c’est
tout noir !
MB : Wow ! pardon…
Prince: Papa, je peux courir?
MJ : Si tu veux, bien sûr !
MB : Si on courait ? Non, il a de belles chaussures, il ne va courir
nulle part !
MJ : Non je peux pas courir. Paris, tu veux courir ?
Paris : Non, je veux te tenir la main.
MJ : D’accord.
Jackson m’a dit qu’il n’avait jamais laissé ses enfants sortir sans masques pour protéger leur identité. Les enfants étaient le résultat de son bref mariage avec son ancienne infirmière en dermatologie, Debbie Rowe. Paris a 4 ans et Prince en a presque 6.
MB : [à Prince] Je vois que tu as les chaussures Star
Wars.
Prince : Pas le 2 !
MB : Pas le 2 ?
Prince :Non, Papa me les a données !
MB : Pourquoi tu n’aimes pas Star Wars 2 ?
Prince : Parce que c’est ennuyeux et lent !
MB : Ah d’accord ! Et qu’est-ce qui te fait croire que
tu es qualifié pour émettre un tel jugement?
MJ : Qu’est-ce qui te fait croire que tu as raison ? Tu es sûr
que tu as raison ?
[Prince hoche la tête] Je crois pas qu’il ait tout à
fait…
MB : Il marque un point !
[MJ chante Smile]
MB : Je crois qu’il y a quelqu’un qui voudrait te parler
!
Prince : Bonjour !
Une Fan : Salut !
MJ : Salut ! J’étais très heureux des posters
et des bannières que vous m’avez faits !
La Fan : Tu sais Michael, on n’a plus de photos de bébés
qu’on a apportées d’Espagne!
MJ : On peut pas ne plus avoir de photos de bébés !
MB : Vous êtes d’Espagne ?
La fan : Oui !
MJ : L’Espagne ensoleillée !
MB : Vous êtes de grands fans de Michael ?
La fan : L’Espagne ensoleillée ! Ca fait très longtemps
qu’on t’attend là-bas Michael.
MJ : Je sais, les fans espagnols sont si gentils ! Vous êtes
beaux en plus ! Vous êtes incroyables à regarder !
La fan : Aurevoir !
Prince : Au revoir ! Je vous aime !
A l’hôtel…
MB : Tu as pleuré quand Prince est né ?
MJ : Oui.
MB : Tu peux me dire comment ça s’est passé ?
Tu t’en souviens ?
MJ : Oui bien sûr ! Il est sorti avec sa grosse tête
! Et dès que j’ai vu sa tête j’ai pensé
à mon grand-père et mon frère Randy, parce que
sa tête avait exactement la même forme que les leurs. Et
j’ai dit « Oh mon Dieu ! ». Et puis pour le reste ils
m’ont laissé le tirer, et j’ai coupé le cordon
ombilical avec des ciseaux en forme d’une cigogne ! Et ils l’ont
nettoyé et tout, et j’étais prêt à le
ramener à la maison ! Ils ont dit « Non, vous ne pouvez
pas le ramener ! » et je dis « Pourquoi ? - Nous pensons
qu’il a de graves problèmes. -Quoi ? -Nous devons l’emmener
aux soins intensifs, il ne respire pas correctement. » Et je dis
« Oh non ! », j’ai dit « Je vous en prie mon
Dieu, ne me laissez pas avoir un enfant malade ! Je vous en supplie
». Alors j’ai attendu une heure, deux heures, trois heures,
quatre heures - j’avais si peur - et après cinq heures,
l’infirmière rentre en disant « Ok vous pouvez rentrer
chez vous maintenant ! ». J’étais si heureux !
MB : Ok Mike !
MB: Paris est née peu après…
MJ : Oui.
MB : Ta fille…
MJ : Oui.
MB : C’était comment ? Tu étais là quand
elle est née ?
MJ : Bien sûr ! Bien sûr. C’était tout simplement
magique ! Elle est sortie du mauvais côté, son visage était
du mauvais côté. Et elle était à moitié
étouffée par le cordon ombilical. Alors j’avais plutôt
peur. Et ça lui a pris plus longtemps. Et j’étais
tellement pressé de la ramener à la maison que j’ai,
après avoir coupé le cordon - je déteste dire ça
- , je l’ai attrapée et je suis rentré chez moi avec
elle qui était couverte de placenta !
MB : Tu blagues là…
MJ : Non, je ne plaisantes pas. Je l’ai mise dans une serviette
et j’ai couru ! Et ils ont dit que c’était bon ! Ils
ont dit « Tout va bien, ça ne nous dérange pas ».
Alors je l’ai ramenée à la maison et je l’ai
nettoyée.
MB : Mais elle venait de naître !
MJ : Je sais.
MB : Pourquoi tu as voulu faire ça ?
MJ : Parce qu’ils m’ont dit que ça allait, Debbie
a dit que ça allait et j’ai eu la permission du médecin
! Je crois que j’avais si peur qu’ils me donnent de mauvaises
nouvelles. J’avais tellement peur ! Mais il n’y avait pas
de mauvaises nouvelles à avoir. Et je commençais à
revivre [ce qui s’était passé avec Prince], je me
disais que je ne voulais rien entendre de mauvais, je voulais juste
partir, partir, partir !
MB : Je présume que Debbie a dû rester à l’hôpital
?
MJ : Bien sûr.
MB : Ca ne la dérangeait pas de perdre son bébé
dans les minutes qui suivaient ?
MJ : Non ! Elle m’a dit de le faire !
MB : Elle t’a dit de prendre le bébé ?
MJ : Oui ! Elle m’a dit « Vas-y, je sais que c’est
ce que tu veux ! » Elle a dit « Ca ne me dérange
pas du tout ! », je lui ai dit « Ca ne te dérange
pas ? » et elle m’a dit « Oui, bien sûr ! »
MB : Après combien de temps a-t-elle pu retrouver son bébé
?
MJ : Oh je ne sais pas techniquement. Après être sortie…
Je ne sais pas exactement, j’oublie.
Dans un magasin…
MJ : Tu vois ça comme c’est beau ?
MB : Oui.
MJ : Tu es venu ici ?
MB : Non !
MJ : Regarde ça !
MB : C’est extraordinaire ! Est-ce que c’est le magasin
dont tu parlais ?
MJ : Je crois qu’on y arrive. On y sera très bientôt.
MB : [Ils s’approchent d’un sarcophage égyptien]
Et ça c’est le tombeau dont tu parlais, le tombeau que
tu as acheté.
MJ : Oui ! N’est-ce pas fabuleux !
MB : Allons à l’intérieur pour voir. C’est
ça ?
MJ : Oui !
MB : Wow !
MJ : N’est-ce pas magnifique ! Regarde le visage ! Regarde !
C’est magnifique !
MB : C’est un cercueil. C’est la réplique du cercueil
de Toutankhamon.
MJ : Oui, c’est en or.
MB : Et tu l’as acheté.
MJ : Oui.
MB : Pourquoi l’as-tu acheté ?
MJ : Parce que je l’adore, regarde l’art ! C’est phénoménal
! C’est de l’art !
MB : Tu voudrais être enterré dans quelque chose comme
ça ?
MJ : Non ! Je ne veux jamais être enterré !
MB : Vraiment ?
MJ : Non.
MB : Qu’est-ce que tu voudrais qu’il t’arrive ?
MJ : J’aimerais vivre pour toujours !
A l’hôtel…
MB : Est-ce que tu essaies de donner une enfance normale à
tes enfants ?
MJ : Oui, bien sûr.
MB : Et tout ce qui est scolaire, leur éducation…Est-ce
qu’ils vont à l’école ?
MJ : Oui ils ont école.
MB : Est-ce qu’ils vont dans une école normale ?
MJ : Jamais…
MB : Pourquoi pas ?
MJ : Ca ne marcherait pas !
MB : Pourquoi ?
MJ : Parce qu’on se fait courser par des paparazzi partout où
on va ! Je ne veux pas que la presse les embête à l’école
! Dans les buissons et les arbres… Je vu ça quand ça
m’est arrivé ! Et ils font pareil, même pire avec
eux ! Et je ne veux pas de la jalousie et des professeurs qui disent
« Juste parce que vous êtes les enfants de Michael Jackson,
ne croyez pas que je vais vous traiter différemment de n’importe
qui d’autre ici ! ». Mais ils ne veulent pas être traités
différemment ! C’est juste que je ne veux pas qu’ils
aient à subir tout ça.
MB : Donc en fait ils ne peuvent avoir une vie vraiment normale,
n’est-ce pas ?
MJ : Non.
Dans un magasin…
MB : [à Prince] Tiens-moi la main ! Tiens la main
de Papa et la mienne.
MJ : [à Grace] Dis-lui de me lâcher quand je lâche
! Vas-y tire, tire ! Elle fait ça ! [à Paris] Il faut
bien que je signe des autographes de temps en temps !
A l’hôtel…
MB : Est-ce que tu as peur de l’effet de ta vie sur eux ? Tu
es une star et ils doivent automatiquement faire partie de ça,
ils n’ont pas vraiment le choix ?
MJ : C’est comme ça. Et ça a très bien
marché par le passé… à maintes reprises. Et
tout est dans la manière dont on forme, on sculpte, on moule
leur monde. Ca a très bien marché pour beaucoup de gens.
Jackson a manifestement aimé être père. Mais il avait une surprise pour moi : Prince et Paris venaient d’avoir un nouveau petit frère. Et il était a l’hôtel avec sa nounou.
En sortant du magasin…
MB : Donc on ne va pas à Virgin ?
MJ : Non, non on ne peut pas !
MB : C’est un truc de malade là-bas !
A l’hôtel…
MB : Tu as récemment eu ton troisième enfant.
MJ : Oui.
MB : Tu étais là à sa naissance ?
MJ : Oui !
MB : Il est comment ? Il s’appelle comment ?
MJ : Prince Michael II mais on l’appelle « Blanket »
[« Couverture »].
MB : Vous l’appelez « Couverture » ?
MJ : Oui.
MB : Pourquoi tu l’appelles « Couverture » ?
MJ : Parce que c’est une expression que j’utilise avec
ma famille et mes employés. Je dis « Tu devrais me couvrir,
nous devrions la couvrir avec quelque chose » signifie que…
une couverture est une bénédiction. C’est une manière
de montrer de l’amour et de l’affection.
MB : Qui est la mère de Blanket ?
MJ : La mère de Blanket ? Je ne peux pas le dire. Parce qu’elle
sera bombardée ! Nous avons un accord, un accord contractuel
qui dit qu’on ne peut pas parler de qui elle est ni rien. C’est
comme ça que nous nous sommes arrangés.
MB : Et c’est quelqu’un avec qui tu as eu une relation
?
MJ : Oui.
MB : Mais tu as gardé ça secret ?
MJ : Oui.
MB : Et c’est parce qu’elle veut que personne ne le sache
?
MJ : Oui, je veux que personne ne sache. Elle ne veut pas être
dans les journaux, dans la presse à scandales… Elle ne veut
pas de ça et je ne la blâme pas. Elle sait à quel
point leurs commentaires peuvent être merdiques.
MB : Est-ce que l’une des mères vit avec toi maintenant
?
MJ : Vit avec moi maintenant ?
MB : Oui.
MJ : Non.
MB : Et est-ce que c’est difficile pour toi et les enfants ?
MJ : Non. Non. Pourquoi serait-ce difficile ?
MB : Les enfants ne cherchent pas leur mère ?
MJ : Non. Ils sont très bien. Combien de bébés
vivent avec leur mère et ils n’ont pas de père et
personne ne dit rien ! Ils s’amusent beaucoup !
MB : Donc avec toi c’est le contraire, ils vivent avec leur
Papa.
MJ : Oui, ils sont super bien. Ils ont assez de femmes dans leur
vie ! Elles sont partout ! (rires) Il y a des femmes partout chez moi
! Elles sont avec eux toute la journée.
MB : Que dirais-tu à quelqu’un qui dirait que c’est
un peu bizarre, le fait qu’aucun de tes enfants n’aient leur
mère ?
MJ : Les gens peuvent toujours juger tout ce que vous faites, donc
ça ne me dérange pas ! Tout peut être bizarre pour
certaines personnes. Cette interview peut paraître bizarre pour
certaines personnes, alors… qui ça intéresse ?
A Berlin
A des milliers de kilomètres de là, le comportement de
Michael en tant que père était sur le point de sérieusement
faire parler de lui. Quelques semaines plus tard, je suis allé
le voir à Berlin. Et juste au moment où j’arrive,
[il montre la scène du balcon], voilà ce qui se passe.
Michael Jackson venait de balancer son bébé du haut de
la fenêtre d’un hôtel de Berlin. Dehors, ses fans étaient
fous. Quand je suis arrivé à sa chambre, j’étais
inquiet, il y avait une qualité manichéenne chez Michael
que je n’avais jamais vue auparavant. Et il adorait l’attention
de ses fans déchaînés à l’extérieur
de l’hôtel.
Dans l’hôtel…
MB : [voyant MJ qui écrit quelque chose sur un oreiller]
Qu’est-ce qu’il y a marqué ? « Je vous aime
de tout mon cœur, Michael Jackson » C’est un oreiller
de l’hôtel ?
MJ : Oui !
MB : [entendant les fans] Qu’est-ce qu’ils chantent
tout à l’heure ?
MJ : F… la presse, Michael tu est le meilleur !
MB: De quoi?
MJ : F.U.C.K. la presse… !
MB: F… la presse…
MJ : F.U.C.K. la presse, Michael t’es le meilleur! Je ne dirai
pas le mot!
Il est arrivé à Berlin après une semaine d’apparitions dans une salle d’audience de Los Angeles. Les média ayant couvert le procès, ont dit que son visage s’était désintégré.
[MJ fait une grimace à la caméra] (rires)
MJ : C’est stupide hein, c’est bête hein ! J’ai
fait une de ces grimaces !
MB : Qu’est-ce que tu penses de Berlin ?
MJ : J’adore Berlin.
Pendant que les fans attendaient pour encore voir leur idole à l’hôtel, sa voiture est partie. Je voulais savoir si les articles à propos de son visage l’avaient blessé.
Dans la voiture…
MB : Qu’est-ce que tu as pensé des articles dans la
presse sur le procès ?
MJ : Je n’ai rien vu de ça. Je ne parle pas de…
Je ne regarde pas la télé, je ne regarde pas la presse
à scandales… Parce que je hais les tabloïds, je pense
qu’on devrait brûler tous les tabloïds, en faire des
montagnes et tout brûler. Les gens devraient savoir que ce n’est
absolument pas la vérité ! C’est du sensationnalisme,
c’est de l’ignorance, vraiment. De l’ignorance…
Comme ce qu’ils ont fait à la pauvre Lady Diana, c’était
de la folie, elle était chassée par ces gens-là
!
MB : Que penses-tu de la manière dont ils semblent chipoter
sur ton apparence au procès ? Ca m’avait l’air d’être
le plus gros sujet !
MJ : Ouais ouais. Ne fais pas attention à ça.
[Un fan se met à danser en plein milieu de la route]
MB :Qu’est-ce qu’il faisait, une danse Jackson !
MJ : Regarde regarde regarde ! A chaque fois qu’il s’y
met, la police le tire, à chaque fois !!! Le pauvre… Il
fait le coup de pied, il tourne, il s’attrape l’entrejambe…et
après ils l’enlèvent !
Nous allions dans un restaurant, mais l’armée de fidèles de Jackson est arrivée en premier. Elle incluait son plus grand fan, qui a enfin pu faire sa danse.
MB : Depuis quand tu fais ça ?
Le fan : Depuis que je suis petit !
Quand nous sommes partis, l’atmosphère était complètement déchaînée.
MJ : Donne-moi celui-là s’il te plaît ! Allez
! Les bébés ! J’en veux d’autres !
Un fan : Je suis venu d’Israël !
Une fan : Michael, je peux avoir un câlin ?
MJ : Laisse-la, laisse-la !
Une fan : Laissez-moi passer s’il vous plaît ! Je veux te
faire un câlin !
MJ : Bien sûr ! Je te donnerai plus qu’un câlin…
La fan : Oh mon Dieu ! Je t’aime Michael !
MJ : Je t’aime aussi !
La fan : Tu es tout pour moi !
MJ : Merci, je t’aime encore plus !
A l’hôtel…
Tandis que Jackson rentrait à l’hôtel, une tempête faisait rage à propos de l’incident avec Blanket. Le lendemain matin, il avait envie de me montrer à quel point il se souciait de ses enfants.
MJ : [avec Blanket dans les bras] Je t’aime ! [le bébé
gigote] Il ne veut pas de la bouteille ! Attends, attends ! Voilà
ta bouteille…
MB : C’est bon, mettez-vous à l’aise…
MJ : [Blanket se met à pleurer] Je t’en prie ne pleure
pas Blanket ! On y va… [MJ lui donne son biberon] abou abou
! Oui c’est bon… abou ! Blanket, Blanket, Blanket, Blanket,
Blanket! Je t’aime Blanket! Oui, oui, oui! Je t’aime ! J’aime
énormément mes enfants. Oui… je ne veux pas qu’il
pleure…
MB : Il aime son biberon ?
MJ : Oui !
MB : Tu entendu ce que les gens disent ?
MJ : C’est totalement ignorant. Je ne ferai jamais ça
à mes enfants ni à aucun enfant ! J’ai essayé
de les tuer ? Quand même… c’est stupide ! Et pourquoi
j’aurais mis un voile sur le visage du bébé si j’essayais
de le jeter du balcon ? On saluait des milliers de fans en bas, et ils
disaient qu’ils voulaient voir mon enfant, alors j’ai eu la
gentillesse de leur montrer. Je faisais quelque chose d’innocent.
MB : Il a faim, n’est-ce pas ?
MJ : Il aime le lait. Ce petit… C’est vrai que c’est
bon ! [MJ se lève et part] Merci.
Le comportement de Jackson commençait à m’alarmer. Plus tard dans la journée, il a emmené Prince et Paris au zoo de Berlin. C’était supposé être une sortie en famille, mais la presse était en force, quelqu’un les avait gentiment prévenus. Michael était venu pour voir les gorilles, mais il a semblé ne pas se rendre compte de fait que l’excursion s’était transformée en un chaos total.
MB : Oui c’est bon, j’ai Prince, j’ai Prince.
Je m’en faisais pour les enfants, et j’ai été
pris en plein milieu d’une bousculade de paparazzi. Ca n’était
rien d’une sortie pour deux jeunes enfants, et tout le monde pouvait
le voir à part Jackson lui-même.
A l’Adagio de Berlin…
Il était difficile de croire que Jackson était le même homme que celui que j’avais rencontré à Neverland. La première occasion de parler de son comportement bizarre est venue dans la soirée, à une vente aux enchères de charité.
MB : Et la sortie au zoo aujourd’hui ?
MJ : J’adore aller au zoo, même si ça a été
difficile. Ca a été un vrai bazar…Du moment que je
peux voir les gorilles je suis satisfait. J’adore les gorilles
!
MB : Est-ce que Prince ne s’est pas fait taper dans l’œil
?
MJ : Est-ce que Prince s’est fait taper dans l’œil
? Non !
MB : Il va bien ?
MJ : Il va bien. Oui.
MB : Il y avait énormément de pression sur les enfants,
avec tous ces gens autour d’eux…
MJ : Oui, mais… je sais, c’est triste mais le jour de leur
naissance on a dû les couvrir. Il y avaient des hélicoptères
qui volaient au-dessus de la maison. Il y avaient des satellites à
deux pâtés de maisons de là.
MB : Mais est-ce que ça ne serait pas plus facile pour tes
garde du corps et pour la gouvernante de les emmener au zoo tous seuls,
plutôt qu’ils aient à subir ce qu’ils ont subi
aujourd’hui ?
MJ : Non, parce que je ne peux pas prendre ce risque… Je préfèrerais
que ce soit de ma faute si quelque chose arrivait.
MB : Vraiment ?
MJ : Oui.
MB : Donc tu ne les laisserais pas aller avec tes gardes du corps
à moins que tu ne sois avec eux?
MJ : Si c’était avec mes gardes du corps… s’il
y avait beaucoup de… je ne dirais pas le mot… Mais ça
serait dur… ce serait très délicat.
MB : Tu as eu une dure semaine, n’est-ce pas ? Parce que les
média t’ont accusé d’être irresponsable
envers tes enfants.
MJ : Les média ont tort ! J’aime mes enfants. Je tenais
mon fils très fort. Je n’ai pas… Pourquoi est-ce que
je voudrais jeter un bébé du haut d’un balcon ? C’est
l’histoire la plus stupide et débile que j’ai jamais
entendue ! J’adore mes enfants ! Et ils savent que je les aime.
Et deux minutes avant qu’ils aient vu le bébé, Prince
a fait la même chose, je l’avais dans les bras !
MB : J’ai vu ça.
MJ : Et j’ai fait ça… tu sais… Et je les tiens
bien fort dans mes bras !
MB : Tu n’étais pas simplement surexcité ?
MJ : Non !!!
MB : Qu’est-ce que c’était ?
MJ : Ils disaient qu’ils voulaient voir le bébé,
donc j’ai voulu leur montrer le bébé ! Je vais pas
le laisser tomber !
MB : Mais tu ne leur as pas vraiment montré le bébé
parce qu’il était couvert.
MJ : Si, ils ont eu l’intention…Ca suffit.
MB : Ah je vois…
MJ : Et il réagissait, il s’est mis à chanter
[MJ imite le cri d’un bébé] !
Cet artiste consumé depuis son enfance, Jackson était complètement dépassé par la journée. Le spectacle a donc continué. Il a donné l’une de ses vestes qui a été vendue aux enchères pour 16 000£ [environ 24 400 €]. Et les fans essayaient toujours désespérément de l’approcher.
Dans le garage…
Une fan : Je t’aime Michael !
MJ : Je vous aime ! Comment allez-vous ?
Une fan : Je peux avoir un câlin ? Je peux te faire un câlin
s’il te plaît ?
MJ : Bien sûr !
Une fan : Je t’aime !
MJ : Je t’aime encore plus ! Que Dieu te bénisse. J’ai
besoin d’un guide…
Une fan : L’Allemagne t’aime Michael !
MJ : J’aime l’Allemagne.
C’était la dernière nuit à Berlin. Et Jackson était l’invité principal des Bambi Awards. Il devait être honoré pour une vie d’accomplissements musicaux. Encore une fois, Jackson avait l’air extrêmement agité. Et, pour la première fois, il ne voulait pas de nos caméras braquées sur lui, il voulait uniquement que nous filmions l’adulation de ses fans.
Les fans : On t’aime Michael !
MJ : Je vous aime aussi !
Pendant que son service de sécurité faisaient des vérifications de dernière minute dans les coulisses, le décompte pour la réception de sa récompense a commencé. Une série élaborée d’introductions avait été organisée. Mais le séjour désastreux de Jackson à Berlin lui réservait encore une humiliation.
Usher : Je pense que Michael est un roi
Céline Dion : Merci Michael Jackson d’avoir écrit
une si belle chanson : What more can I give ?
La cérémonie étant entièrement en allemand, Jackson est monté sur scène trop tôt. La confusion étant excrutiating pour nous tous. La premier appel n’était pas pour lui, mais pour le présentateur de la récompense, Boris Becker.
BB : Le seul et l’unique, pour la popstar Bambi du millénaire, Michael Jackson.
La récompense était supposée confirmer sa position de Roi de la Pop. Mais à la fin de ce voyage, ça n’avait rien fait de tel. Et il y avait autre chose qui m’ennuyait. A Neverland, j’avais fait la connaissance d’un de ses bons amis, un garçon de 12 ans.
A Neverland…
Pendant tout le temps que j’ai connu Michael Jackson, nous avons abordé la plupart des aspects de sa vie, excepté un : sa relation avec les enfants. Pour moi, c’était sans doute l’aspect le plus dérangeant de l’histoire de sa vie. Comme il le fait souvent, il a invité un groupe d’enfants défavorisés à Neverland. Il ne pouvaient pas croire à la chance qu’ils avaient.
MJ : [dans le petit train] En descendant par là, vous allez
voir… La salle de jeu est juste là… Vous voyez ? Vous
voyez là où il y a une grande machine à l’intérieur
?
Les enfants : Oui !
MJ : C’est là où je joue à tous mes jeux
! Et là c’est le court de tennis. [le train prend un
virage] Oh accrochez-vous ! Dis-leur de s’accrocher ! Ne tombez
pas !
Les enfants : Tu danseras pour nous après ?
MJ : Oh mon Dieu si vous dansez aussi, je danserai avec vous !
Un garçon : Je danserai aussi !
MJ : Je suis assez timide…
Un garçon : Tu danseras pour nous ?
MJ : Vous devez danser avec moi !
Le garçon : Apprend-nous à faire le Moonwalk !
MJ : Ah vous savez faire le Moonwalk ! C’est vous qui me l’avez
appris ! [il se lève] Euh… non ne vous levez pas
encore. Je suis vilain ! Ne vous levez pas encore, il va y avoir une
petite secousse ! Encore une petite secousse… Ok, vous pouvez y
aller maintenant ! mais ne courez pas, quoi que vous fassiez ne courez
pas !
Il aimait visiblement la compagnie des enfants, et ils s’amusaient aussi.
MJ : Que diriez-vous d’une glace ?
Un garçon : D’où viennent des manèges ?
MJ : Je les achète dans des compagnies du monde entier, je
vais avoir des montagnes russes qui iront là-bas…
Un garçon : Tu as un parc aquatique ?
MJ : C’est ce que je vais faire, je vais construire un parc
aquatique de l’autre côté de cette montagne.
Un garçon : Il y a un parc aquatique ?
MJ : Non, c’est ce qu’on va faire…on va le construire.
Alors vous pourrez venir quand vous voudrez !
Un enfant : On peut aller sur n’importe quel manège
?
MJ : Oui, oui ! Bien sûr !
Ce que les enfants voulaient, ils l’avaient. Et tout était gratuit. Et pendant une journée, Jackson a pu être l’un d’entre eux.
MJ : [au distributeur de glaces] Je peux en avoir un aussi ?
Le distributeur : Celui qui le demandera en premier l’aura !
MJ : Oh moi, moi, moi, moi !!! … Désolé (rires)
Le problème était que, comme tout le monde, je savais qu’il y a dix ans, des enfants étaient invités à dormir à Neverland. L’un d’entre eux, un garçon de 13 ans, avait accusé Jackson d’abus sexuels, une accusation qui lui a coûté des millions de dollars. J’avais supposé que désormais, il serait plus prudent. Mais à mon étonnement le plus total, j’ai découvert que des enfants dormaient toujours là-bas. Parfois dans sa maison, parfois dans sa chambre. J’ai alors rencontré son ami de 12 ans Gavin, ainsi que ses frère et sœur. Jackson a rencontré Gavin il y a deux ans, après qu’on lui ai dit qu’il mourrait d’un cancer.
MB : Gavin, qu’est-ce qui fait que Michael peut se connecter
si bien avec les enfants ?
Gavin : C’est parce qu’au fond c’est vraiment un enfant.
Il se comporte comme un enfant, il sait comment est un enfant, il sait
ce qu’un enfant pense. Je pense qu’on n’a pas forcément
besoin d’être un enfant uniquement parce que la société
dit qu’à 18 ans on est adulte. Ca n’a pas vraiment
d’importance. On est adulte quand on le veut.
[dans la cuisine]
MJ : C’est pas génial ? Pas malade du tout, plus de cancer
! Complètement parti !
Sa sœur : Il est plus grand que moi maintenant !
MJ : Et il lui ont dit qu’il allait mourir. C’est super
!
Sa sœur : Ils sont dit à mes parents de prévoir l’enterrement
parce qu’il n’y avait plus aucune chance.
MJ : Ils ont dit à tes parents de prévoir l’enterrement
?… Prévoir l’enterrement.
Sa sœur : Ils ont dit qu’il ne grandirait pas, qu’il
ne pourrait pas avoir d’enfants, il a eu des poussées de
croissance pendant la chimiothérapie !
Gavin : Je suis passé de 1m25 à 1m65.
MJ : Vous voyez… la médecine de sait pas tout, n’est-ce
pas !
Selon Gavin, c’est l’amitié et le soutien de Michael qui l’ont aidé à combattre le cancer. Depuis ils sont restés amis.
MB : Quand tu restes ici, tu restes dans la maison, est-ce que Michael
te permet de profiter des lieux ?
Gavin : Une nuit je lui ai demandé si je pouvais rester dans
sa chambre et je lui ai dit « Michael, tu peux dormir dans le
lit ! », et puis il m’a dit « Non, toi dors dans
le lit, toi dors dans le lit ! », alors moi j’ai dit
« Non, non, non, tu dors dans le lit ! ». Alors il a dit
« Très bien, si tu m’aimes, dors dans le lit !
» J’étais genre « Ah mince ! » alors
finalement, j’ai dormi dans le lit. Mais c’était marrant
ce soir-là !
MJ : J’ai dormi par terre… j’étais dans un
sac de couchage ?
Gavin : Non, tu as pris plein de couvertures par terre !
MB : Mais Michael, tu es un homme de 44 ans. Qu’est-ce que ça
t’apporte ?
Gavin : Il a 4 ans !
MJ : Oui, j’ai 4 ans. Tu vois… ce que je leur donne, ils
me le donnent aussi. Je l’ai dit très souvent, ma plus grande
inspiration vient des enfants. Chaque chanson que j’écris,
chaque danse que je fais, chaque poésie que j’écris…
tout ça est inspiré par ce niveau d’innocence, cette
conscience de la pureté. Et c’est ce qu’ont les enfants,
je vois Dieu dans les yeux des enfants, et… j’adore tout simplement
être entouré de cela tout le temps !
[dans la cuisine]
MJ : Est-ce que vous vous couchez toujours tard ? Parfois j’appelle
chez vous si tard !
Gavin : Ah oui !
MJ : Mais vous me dites d’appeler tard…
Gavin : C’est arrivé qu’une seule fois !
MB : Quand les gens entendent dire que les enfants d’autres
familles sont venus passer du temps chez toi, qu’ils sont restés
dans ta chambre…
MJ : Que quelques uns…
MB : Ils disent « Est-ce que c’est vraiment approprié
de la part d’un homme adulte de faire ça ? » Comment
tu réagis face à ça ?
MJ : Je les plains. Parce qu’ils jugent quelqu’un qui veut
juste aider les gens. Pourquoi on ne peut pas partager notre lit ? La
chose la plus affectueuse qu’on puisse faire c’est de partager
son lit avec quelqu’un!
MB : Tu le penses vraiment ?
MJ : Oui ! Bien sûr !
Gavin : On prend la position qu’on a toutes les nuits et on dort.
MJ : Tu vois, tu peux prendre mon lit si tu veux… dors dedans
! Je dormirai par terre ! C’est à toi ! Je donne toujours
le lit aux invités. Comme à lui, je lui ai dit - parce
qu’il allait dormir par terre - j’ai dit « Non, tu dors
dans le lit ! Je dormirai par terre.»
MB : Mais tu n’as pas une chambre d’amis ou une maison
pour les invités où il aurait pu rester ?
MJ : Oui mais non, oui, on a des endroits pour les invités,
mais quand des enfants viennent ici, ils veulent toujours rester avec
moi. Ils ne veulent jamais rester dans les chambres d’amis ! Et
je ne les ai jamais invité dans ma chambre, ils veulent toujours
rester avec moi. Ils disent « Je peux rester avec toi ce soir
? », je dis « Si tes parents sont d’accord, oui tu
peux. »
MB : Est-ce que tes parents étaient contents que tu sois là
avec Michael?
Gavin : Oui ma mère était très, très, très,
très contente. Et je sais qu’ils étaient heureux
parce que moi j’étais heureux !
MB : Ils sont venus avec toi ?
Gavin : Oui mais la plupart du temps je n’étais pas vraiment
avec eux, j’étais surtout avec Michael.
MB : Mais ils étaient contents que tu sois là ?
Gavin : Oui.
A Miami
J’étais très mal à l’aise après cette conversation. Je savais que je devais confronter Jackson à propos de ce que je croyais être une obsession pour les enfants. C’était inévitable. Un peu après la nouvelle année, Jackson a accepté ce qui serait notre dernier rendez-vous, cette fois à Miami, en Floride. Il y avaient des question qui restaient sans réponses, beaucoup. Des aspects de sa vie à propos desquels je sentais qu’il avait été moins qu’honnête. Son visage, le fait d’avoir nié d’avoir eu recours à la chirurgie esthétique, sa relation avec la mère de Blanket, et bien entendu, je voulais revenir sur le fait qu’il dormait avec des enfants à Neverland. Le confronter ne serait pas facile, mais à présent il fallait bien que ça arrive. Tandis que nous nous préparions pour l’interview, l’atmosphère était beaucoup plus tendue que d’habitude. Cette fois, Jackson avait fait venir son propre expert en éclairage. Peut-être y avait-il une raison à cela : la chirurgie esthétique était le sujet de quelques questions embarrassantes.
MB : Lorsque nous discutions il y a quelque temps, tu as parlé
de comment tu as traversé l’adolescence.
MJ : Oui.
MB : C’était une époque terrible pour toi.
MJ : Oui.
MB : Et en fait j’ai vu quelques photos de toi à cette
période.
MJ : Oui.
MB : Et tu avais beaucoup de boutons !
MJ : Oui ! Oui.
MB : Une des choses que tu as visiblement utilisées a été
de changer ton apparence. Tu as… tu sais, tu as changé physiquement,
n’est-ce pas. Les photos de toi, si je regarde de…
MJ : Non, ça s’appelle l’adolescence, ça
s’appelle grandir et changer.
MB : Oui, mais même la forme de ton visage a changé.
MJ : Non, c’est faux. Je n’ai jamais eu de chirurgie esthétique
au visage. Juste à mon nez, ça m’a aidé à
mieux respirer pour que je puisse faire des notes plus aiguës.
MB : Mais honnêtement, tu es en train de dire que tu n’as
eu qu’une opération ?
MJ : Deux.
MB : Tu en as eu deux ?
MJ : Si je me souviens bien. Oui, juste deux.
MB : Mais si je regarde des photos de toi pendant ton adolescence…
MJ : Oui, je change, les gens changent !
MB : Mais même après quand tu as fait l’album «
Thriller »…
MJ : Oui ?
MB : Tes lèvres sont très différentes aujourd’hui
par rapport à comment elles étaient à l’époque.
MJ : Non, non, non…
MB : Mais elles ont l’air différentes !
MJ : Non, je suis désolé. Ce sont les mêmes lèvres.
MB : Tu ne trouves pas ?
MJ : Non !
MB : Mais plus sérieusement, d’une certaine façon
je peux comprendre que…
MJ : Je suis satisfait de mes lèvres…
MB : Non mais je… Non, oublie les lèvres en particulier
! (rires) Mais…
MJ : Tout le monde à Hollywood a eu recours à la chirurgie
esthétique ! La chirurgie esthétique n’a pas été
inventée pour Michael Jackson !
MB : Non, je ne dis pas que ça a été inventé
pour Michael Jackson.
MJ : Tout le monde le fait !
MB : Simplement ce que je dis c’est que, parfois, les gens vont
trop loin. Parfois, s’ils ont beaucoup d’argent et l’occasion
de le faire, parfois ils vont se dire « Oh, je vais faire des
trucs ! » Surtout après l’enfance que tu as eu ! Je
veux dire, pendant que nous avons discuté, j’ai commencé
à comprendre à quel point c’était difficile
pour toi, à quel point tu étais malheureux étant
enfant.
MJ : Ouais…
MB : A quel point tu n’étais pas satisfait de ton apparence
étant adolescent ! Tu m’as dit à Neverland que ton
père avait l’habitude de t’insulter, tu m’as dit
à Las Vegas la manière dont ton père parlait de
ton nez…
MJ : Oui.
MB : Donc je peux comprendre pourquoi tu voulais changer ton apparence
!
MJ : Oui.
MB : C’est logique !
MJ : Oui, c’est juste ça.
MB : Je ne voudrais pas…
MJ : C’est juste ça, pas tout le visage, c’est juste
le nez. Ils disent toujours « Pourquoi il change tout le temps
? »… c’est pas vrai ! C’est juste le nez.
MB : Même si la forme du visage est différente ?
MJ : Parce que j’ai changé ! Mon…
MB : Comment tu as changé ?
MJ : J’étais un petit garçon ! Mon visage est
carré maintenant…
MB : Non, je te parle de photos de quand tu avais la vingtaine.
MJ : Non, je suis toujours… je changeais ! J’étais
en train de changer ! Je te dis la vérité ! Je ne fais
rien à mon visage !
MB : Honnêtement.
MJ : Honnêtement !
Nous avons fait une pause, mais pas pour longtemps. Ensuite venait mon inquiétude au sujet des enfants.
MB : Quand je parlais à Prince un jour, il m’a dit qu’il
n’avait pas de mère.
MJ : Il a dit qu’il n’avait pas de mère ?
MB : Oui, j’ai dit « Prince, où est ta maman ?
» et il a dit « J’ai pas de maman. »
MJ : C’est vrai.
MB : Tu lui as dit de dire ça ?
MJ : Non.
MB : Qu’est-ce que tu crois qu’il veut dire quand il dit
qu’il n’a pas de mère ?
MJ : Comme il l’a dit, il n’a pas de mère !
MB : Tu ne penses pas que les enfants seraient quand même mieux
en étant en contact avec leur mère ?
MJ : Non parce qu’elle ne… c’est confidentiel…
elle ne… elle ne peut pas gérer cela.
MB : Elle ne peut pas gérer ses propres enfants ?
MJ : Elle préfère qu’ils soient avec moi qu’avec
elle.
MB : Tu savais qu’elle ne voulait pas avoir de relations avec
les enfants quand tu l’as épousée ?
MJ : Oui. Elle l’a fait pour moi. Elle l’a fait pour moi.
MB : Donc, si je comprends bien…
MJ : C’est une merveilleuse personne aussi.
MB : Elle savait que Michael Jackson adore les enfants.
MJ : Oui !
MB : Et elle savait que Michael Jackson voulait des enfants.
MJ : C’est pour ça. Elle a dit « Tu as besoin d’être
un papa. »
MB : D’accord. Elle a dit que tu avais besoin d’être
papa.
MJ : Oui.
MB : Plus qu’elle ne voulait être une mère.
MJ : Oui. Et elle a voulu faire ça pour moi comme un cadeau.
MB : Comme un cadeau ?
MJ : Oui, oui.
MB : Qu’est-ce que tu veux dire ?
MJ : Un cadeau ! J’avais l’habitude de me promener avec
des baigneurs !
MB : Vraiment ?
MJ : Oui ! Parce que je voulais tellement des enfants !
MB : Ce que tu viens de dire c’est que ta femme t’a donné
deux enfants comme cadeau parce qu’elle savait que tu voulais être
père.
MJ : Oui c’est un geste adorable.
MB : Eh bien, c’est un geste incroyable !
MJ : Oui, il y a des mères porteuses qui font ça tous
les jours ! Ca arrive tous les jours dans le monde. Ca se passe maintenant
!
MB : Est-ce que c’est comme ça que Blanket est né
aussi?
MJ : J’ai utilisé une mère porteuse mais avec
mes propres spermatozoïdes. J’ai utilisé mes propres
spermatozoïdes pour mes deux autres enfants, ils sont tous mes
enfants. Et j’ai utilisé une mère porteuse. Et elle
ne me connaît pas, je ne la connais pas, et c’est comme ça
qu’il est né.
MB : Et comment as-tu sélectionné la mère ?
MJ : Je m’en fichais, du moment qu’elle était en
bonne santé. Je me moquais de la race, j’ai dit «
Du moment qu’elle est en bonne santé et qu’elle n’a
pas de problèmes aux yeux, que sa vue est bonne et son intellect
», je voulais, tu sais, je voulais connaître son niveau
intellectuel.
MB : Tu aurais conçu un enfant avec une femme noire comme
mère porteuse ?
MJ : Bien sûr ! Bien sûr !
MB : Mais j’ai vu Blanket, et je pense que sa mère était
sans doute noire.
MJ : Non, tu as tord.
MB : J’ai tord ?
MJ : Oui.
MB : Ah vraiment ?
MJ : Oui !
MB : Alors la mère de Blanket est noire ?
MJ : Oui !
MB : Mais Blanket est si clair !
MJ : On a dit que les gens noirs étaient des gens de couleur
parce que nous naissons dans toutes les couleurs. De très blanc
comme le blanc de ma main, à très noir comme le noir de
ta chemise. Mon père a les yeux bleus ! Alors quand les gens
voient Paris ils pensent toujours à Debbie, mais ça pourrait
facilement être les gènes de mon père !
MB : Vraiment ?
MJ : Bien sûr !
MB : Alors quand crois-tu que tu auras ton prochain enfant ?
MJ : J’aimerais pouvoir l’avoir aujourd’hui.
MB : Vraiment ?
MJ : Je pensais à adopter deux enfants de chaque continent
du monde.
MB : Vraiment ?
MJ : Oui. Un garçon et une fille de chaque continent.
MB : De chaque continent ?
MJ : De chaque continent, c’est mon rêve.
MJ : [à la TV avec Gavin à Neverland] Et il méritait toutes les joies de la vie autant que n’importe quel autre enfant…
Alors nous sommes revenus sur notre rencontre de Gavin à Neverland. Je trouvais que c’était facilement le moment le plus dérangeant de ses huit derniers mois.
MB : En parlant d’enfants, nous avons rencontré Gavin.
Et ça a été un grand privilège de rencontrer
Gavin parce qu’il a beaucoup souffert pendant sa vie.
MJ : Oui…
MB : Quand Gavin était là, il a parlé du fait
qu’il partageait ta chambre.
MJ : Oui !
MB : Est-ce que tu comprendrais pourquoi les gens pourraient s’inquiéter
à propos de ça ?
MJ : Parce qu’ils sont ignorants.
MB : Mais est-ce vraiment approprié pour un homme de 44 ans
de partager sa chambre avec un enfant qui n’a strictement aucun
lien avec lui ?
MJ : C’est quelque chose de magnifique.
MB : Ca n’est pas inquiétant ?
MJ : Pourquoi ce serait inquiétant ? Qui est le criminel,
qui est Jack l’Eventreur dans la pièce ? Voilà un
mec qui veut aider à guérir un enfant. J’ai dormi
dans un sac de couchage par terre, je lui ai donné le lit. Parce
qu’il a un frère qui s’appelle Star, alors lui et Star
ont pris le lit, et moi je suis par terre dans le sac de couchage.
MB : Tu as déjà dormi dans le lit avec eux ?
MJ : Non. Mais j’ai déjà dormi dans le lit avec
beaucoup d’enfants ! Je dormais dans le lit avec eux tous ! Quand
Macauley Culkin était petit, Kieren Culkin dormait de ce côté
[à sa droite], Macauley Culkin était de ce côté,
ses sœurs étaient là… On se fourrait dans le
lit ! Et on se réveillait à l’aube et on allait dans
une mongolfière ! Tu sais, on a les images. J’ai toutes
ces images !
MB : Mais est-ce que correct Michael ?
MJ : C’est très correct. C’est très affectueux.
C’est ce dont le monde a besoin maintenant : plus d’amour,
plus de…
MB : Le monde a besoin de d’un homme qui a 44 ans et qui dort
avec des enfants.
MJ : Non, non, tu interprètes mal.
MB : Eh bien dis-moi, aide-moi !
MJ : Mais c’est parce que, qu’y a-t-il de mal à
partager de l’amour ? Tu ne dors jamais avec tes enfants ou avec
un autre enfant qui a besoin d’amour, qui a eu une enfance malheureuse
?
MB : Non, non ! Je n’en rêverais même pas !
MJ : Moi oui ! Moi oui. Parce que tu n’as jamais été
là où j’ai été mentalement.
MB : Que penses-tu que les gens diraient si je disais « Très
bien, j’ai invité des amis de ma fille ou de mon fils à
la maison et ils vont dormir dans le lit avec moi ce soir. » ?
MJ : C’est très bien !
MB : Que penses-tu que leurs parents diraient ?
MJ : S’ils sont bizarres ils diront que tu ne peux pas, mais
si c’est de la famille proche, comme ta famille, tu les connais
bien, et…
MB : Mais Michael, je n’aimerais pas que mes enfants dorment
dans le lit de qui que ce soit !
MJ : Et bien, ça ne me dérangerait pas si je connaissais
bien la personne. Et je suis très proche de Barry Gibb, Paris
et Prince peuvent rester avec lui quand ils veulent. Mes enfants dorment
avec d’autres gens tout le temps.
MB : Et ça ne te dérange pas ?
MJ : Pas du tout ! Ils sont honnêtes, ce sont des gens adorables
! Ils ne sont pas Jack l’Eventreur !
MB : Je suppose que le problème pour pas mal de gens, c’est
ce qui s’est passé en 1993, ou ce qui ne s’est pas
passé.
MJ : Ce qui ne s’est pas passé.
MB : Rappelle-toi. Comment tu t’es senti quand tu as entendu
les accusations contre toi pour la première fois ?
MJ : C’était choquant - et je n’ai pas le droit
de parler de ça sous peine légale - alors…
MB : Mais comment tu te sentais à propos de ce qui se disait
? Je ne te demande pas de parler de ce qui a été dit.
MJ : J’étais choqué parce que Dieu sait dans mon
cœur à quel point j’adore les enfants.
MB : mais n’est-ce pas justement le problème ? Le fait
que quand tu invites des enfants dans ton lit, tu ne saches jamais ce
qui va se passer !
MJ : Mais quand tu dis « lit », tu penses au sexe. Ils
font comme si c’était sexuel, ce n’est pas sexuel.
On s’endort ! Je les borde, je mets une petite musique avec une
petite histoire, je lis un livre - c’est adorable - j’allume
la cheminée… On leur donne du laid chaud, on leur donne
des cookies… c’est très charmant, c’est vraiment
adorable !
MB : Bien sûr.
MJ : C’est ce que le monde entier devrait faire !
MB : La raison qu’on a donné pour laquelle tu n’es
pas allé en prison était parce que tu avais fait un arrangement
avec la famille.
MJ : Oui, oui. Je ne voulais pas faire un long lavage de linge sale
en public à la télé comme OJ [Simpson], et tous
ces trucs stupides… Ca n’aurait pas l’air bien. J’ai
dit « Bon, finissons-en, je veux reprendre ma vie, c’est
tout simplement ridicule, j’en ai assez, allez-y ! »
Je suis allé beaucoup plus loin dans mon interrogatoire, mais l’accord confidentiel qu’il a signé signifie que nous ne pouvons pas montrer cette partie de l’interview. Mes questions l’avaient profondément bouleversé.
MJ : Les gens ne mangent même plus avec leurs pères,
ou leurs mères ! Le lien familial a été brisé.
C’est un cri, un appel à de attention, le fait que les enfants
aillent à l’école avec des pistolets. Ils veulent
de l’amour, ils veulent être touchés, ils veulent
être cajolés. Ils [les parents] sont occupés à
leur travail pendant la journée, tu sais, et ils les laissent
à la maison sur l’ordinateur et ils font toutes sortes de
choses dingues ! Et c’est en train de détruire notre monde
! Nous devons recréer ce lien. C’est très important
Martin !
MB : Pourquoi est-ce si important pour toi ?
MJ : Je suis juste très sensible à leur douleur et
je suis très sensible à la famille, la condition humaine.
Tu sais, à ce sujet. C’est très important pour moi,
et je veux aider du mieux que je peux, tu sais. Et c’est…
comme je l’ai déjà dit, et je le dirai des millions
de fois, je n’ai pas peur de dire ceci : s’il n’y avaient
plus d’enfants sur cette Terre, si quelqu’un annonçait
que tous les enfants étaient morts, je sauterais du balcon immédiatement.
C’en est fini pour moi. Fini.
J’ai donc quitté Michael Jackson alors qu’il se préparait
à repartir pour Neverland. Ce dont je m’étais rendu
compte, c’est que Neverland n’était pas seulement une
maison près de Los Angeles, c’était le monde de Michael
Jackson, où qu’il soit. Un endroit où son immense
richesse lui permettait de faire ce qu’il voulait, quand il le
voulait et comme il le voulait. C’est un endroit qu’il avait
créé. Il y avait vécu depuis qu’il était
enfant et il était clair qu’il ne le quitterait jamais.
Retranscription et traduction réalisées par Birch pour MJFRANCE.