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Interview Entertainment Tonight 25/02/83

Interview Entertainment Tonight du 25 février 1983.
Ce même jour, Michael Jackson recevait un double disque de platine par CBS Records remis par Jane Fonda.

 

Entertainment Tonight : Qu’est-ce que vous ressentez aujourd’hui face au succès de Thriller ? On ne peut pas dire que l’industrie du disque soit au beau fixe en ce moment, et pourtant vos ventes se portent on ne peut mieux. 

Michael Jackson : Chaque fois que je reçois un album de platine, je ne prends jamais ça à la légère. Je suis toujours honoré et reconnaissant vis-à-vis de cela. Je suis content que le public apprécie ce que je fais et je vais continuer à mettre tout mon cœur dans mon travail. 

ET : Michael, comment expliquez-vous votre capacité à passer du R&B à la pop alors que tant d’autres n’y parviennent pas ? Vous semblez faire cela si naturellement, il y a ce quelque chose dans vos chansons que tout le monde adore… 

MJ : Je n’en sais rien… Je me contente de créer [ma musique] et je suis honoré qu’elle plaise au public. Je ne saurais pas vous expliquer le pourquoi du comment 

ET : Il existe une formule peut-être ? 

MJ : Pas que je sache [rires]. J’y mets tout mon cœur, c’est tout. 

ET : Cela vient du cœur… 

MJ : Oui. 

ET : Comment se passe le processus d’écriture pour vous ? 

MJ : Les chansons peuvent surgir à des moment totalement inattendus, en marchant dans le parc par exemple, et ça me vient d’un coup. Je ne peux pas prévoir à quel moment je vais écrire. Il m’est arrivé d’écrire une chanson sur le Concorde, à 18km d’altitude ! Mais je n’avais pas de dictaphone sur moi alors il a fallu que je m’en souvienne jusqu’à ce que je rentre chez moi et que je puisse enfin l’enregistrer. Ça vient tout seul 

ET : D’où pensez-vous que vous vient ce don ? 

MJ : De Dieu. 

ET : À l’âge que vous avez maintenant, 24 ans je crois… C’est bien ça ? 

MJ : J’ai 30 ans. 

ET : 30 ans ? 

MJ : Non j’en ai 24. [Rires]  

[…] 

MJ : J’adore me produire sur scène. Je pourrais dormir sur scène. Je déteste devoir en sortir car j’y ai été élevé. Quand je n’y suis pas je ne suis pas aussi heureux, et les choses me paraissent moins familières, voire totalement inconnues. Je commence aujourd’hui seulement à connaître l’amitié, c’est nouveau pour moi. 

ET : L’amitié ? 

MJ : Oui. 

ET : Avec des personnes qui ne sont pas dans le show-business ? 

MJ : Voilà. 

ET : Avec les femmes ? 

MJ : Oh que oui ! [Rires] 

ET : Y a-t-il une personne qui vous est chère en ce moment ? 

MJ : Mmm… Oui. 

ET : Depuis toutes ces années, que ressentez-vous face à la foule, aux gens qui vont jusqu’à monter sur scène pour vous approcher ? À quoi pensez-vous dans ces moments-là ? 

MJ : Je me dis qu’ils aiment ce que je fais, qu’ils veulent me serrer la main ou me toucher. Je trouve ça merveilleux. Si c’est ce qu’ils veulent et qu’ils sont bien intentionnés, si cela signifie que ce je leur inspire est positif, alors je trouve ça super 

ET : Mais en même temps… 

MJ : Du moment où ils ne me font pas de mal bien sûr 

ET : Mais compte tenu de votre caractère réservé… Je sais que certains [artistes] adorent se faire littéralement noyer par les fans… 

MJ : Non pas moi, c’est dur d’être submergé par la foule. 

ET : J’imagine ! 

MJ : On se sent comme un spaghetti qui se fait tirailler par des milliers de mains. Ça me fait plaisir qu’ils aiment ma musique et mon travail… Je suppose que c’est leur manière à eux de montrer leur amour. 

ET : Mais est-ce que c’est difficile quand les gens vous abordent comme ça ? 

MJ : Non, j’ai appris à gérer ces situations. […] Il faut être gentil avec eux, leur faire coucou de la main, ou leur faire des autographes s’ils en demandent. Mais en général les gardes du corps se chargent des personnes les plus agressives qui tentent de s’en prendre à moi physiquement. 

ET : Vous parliez de la scène tout à l’heure. Mais à quoi pensez-vous précisément lorsque vous chantez ? 

MJ : Je ne réfléchis pas vraiment. Pas du tout en fait. C’est plutôt du ressenti. Ça n’est pas un moment réfléchi ou mécanique, mais spirituel, tout est dans ce que je ressens. Mais parfois, très occasionnellement, il peut m’arriver de penser au prochain avion qu’on devra prendre le lendemain, à notre prochaine destination… Mais je suis tellement envouté par la musique que je ne réfléchis pas. 

ET : Votre musique englobe de nombreux genres, et on n’a jamais vu cela chez un artiste.

MJ : Eh bien, comme je l’ai déjà expliqué, ça me vient tout droit du cœur. Je ne connais aucune recette, je ne fais que donner forme à mes sentiments. Ma plus grande influence vient des années 60, de la Motown, des Beatles, des Carpenters. Enfin je ne sais pas trop s’ils m’ont tous influencé, certainement que oui, mais je ne fais que projeter ce que je ressens. 

ET : En ce qui concerne votre carrière, que pourrait-il vous arriver de mieux ? 

MJ : De continuer. […] De continuer à écrire des chansons, à recevoir des disques de platine – même des triples disques de platine – à entrer dans l’histoire et à battre des records. J’adore créer. Je ne suis jamais plus heureux que lorsque je crée. Autrement je déprime. J’aime toujours avoir quelque chose à faire. Et je suis très reconnaissant.